Le barème kilométrique permet de déduire les frais de déplacement professionnel en fonction de la puissance fiscale du véhicule et du nombre de kilomètres parcourus. L’abattement forfaitaire de 10 % est, lui, appliqué automatiquement par l’administration sur les salaires déclarés, sans justificatif. Pour la déclaration 2026 portant sur les revenus 2025, le choix entre ces deux options mérite un calcul précis, car les paramètres ont bougé.
Plafond du forfait 10 % revalorisé, barème kilométrique gelé : ce que cela change en 2026
Le barème kilométrique n’a pas été revalorisé pour les revenus 2025. Le forfait de 10 %, en revanche, voit ses plafonds et planchers ajustés. Le plafond atteint 14 555 euros par personne en 2026, et le plancher reste fixé à 509 euros.
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Cette asymétrie modifie le seuil de rentabilité entre les deux options. À kilométrage constant par rapport à l’année précédente, le forfait couvre désormais une tranche de revenus légèrement plus large. Un salarié dont les frais réels dépassaient tout juste le forfait l’an dernier peut se retrouver en dessous cette année, sans avoir changé de trajet ni de véhicule.
Le calcul doit donc être refait chaque année, même si la situation professionnelle n’a pas évolué.
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Frais réels : ce que le barème kilométrique couvre et ce qu’il faut ajouter
Le barème kilométrique est un forfait par kilomètre qui intègre la dépréciation du véhicule, le carburant, l’entretien courant et l’assurance. Deux catégories de frais restent déductibles en supplément, sur justificatifs :
- Les péages autoroutiers liés aux trajets domicile-travail ou aux déplacements professionnels
- Les frais de stationnement payants directement liés à l’activité professionnelle
- Les intérêts d’emprunt si le véhicule a été financé à crédit pour un usage professionnel
Additionner le résultat du barème kilométrique à ces frais annexes donne le montant total des frais réels déductibles liés au véhicule. Ce total est ensuite comparé au montant de l’abattement forfaitaire de 10 % calculé sur le salaire net imposable.

Déclaration en couple : chaque conjoint peut choisir un régime différent
L’administration confirme que chaque membre du foyer fiscal choisit son régime indépendamment. Dans un couple marié ou pacsé, un conjoint peut opter pour les frais réels pendant que l’autre conserve le forfait de 10 %.
Cette souplesse ouvre une stratégie d’optimisation rarement exploitée. Le conjoint qui parcourt une longue distance quotidienne avec un véhicule de forte puissance fiscale a intérêt à passer aux frais réels. L’autre, qui travaille à proximité ou bénéficie d’un transport en commun remboursé, garde le forfait.
Tester les deux combinaisons (les deux au forfait, les deux aux frais réels, un de chaque) sur le simulateur de l’administration fiscale prend quelques minutes et peut faire baisser l’impôt du foyer de façon significative.
Cumul frais kilométriques et télétravail : un levier sous-estimé
Un salarié qui déclare ses frais réels peut cumuler plusieurs types de dépenses professionnelles au-delà du seul barème kilométrique. Les frais liés au télétravail en font partie, soit au réel (quote-part du loyer, électricité, abonnement internet), soit via le forfait fiscal dédié.
Ce cumul modifie radicalement la comparaison avec l’abattement de 10 %. Un salarié qui télétravaille deux jours par semaine et effectue un trajet domicile-travail conséquent les trois autres jours peut additionner :
- Le barème kilométrique pour les jours de présence sur site
- Les frais de télétravail (forfaitaires ou au réel) pour les jours à domicile
- Les frais de repas pour les jours travaillés hors domicile, dans la limite du barème fiscal
- Les éventuels frais de formation ou de documentation professionnelle
Pris isolément, chacun de ces postes peut sembler modeste. Leur addition dépasse souvent le forfait de 10 %, surtout pour les salaires inférieurs à la médiane où l’abattement forfaitaire reste mécaniquement bas.
Limite des 40 km domicile-travail et véhicules électriques
Le trajet domicile-travail pris en compte par l’administration est plafonné à 40 kilomètres par trajet simple. Au-delà, le contribuable ne peut déduire les kilomètres supplémentaires que s’il justifie de circonstances particulières (mutation récente, conjoint travaillant dans une autre ville, situation du marché de l’emploi local).
Pour les véhicules électriques, une majoration de 20 % s’applique sur le montant calculé via le barème kilométrique. Ce bonus rend les frais réels plus compétitifs face au forfait pour les conducteurs de véhicules électriques, même sur des distances modérées.

Méthode de calcul pour trancher entre frais kms et forfait 10 %
Le raisonnement tient en trois étapes. D’abord, calculer le montant du forfait de 10 % : prendre le salaire net imposable et appliquer 10 %, en vérifiant que le résultat se situe entre 509 et 14 555 euros.
Ensuite, estimer le total des frais réels. Appliquer le barème kilométrique au nombre de kilomètres professionnels annuels, ajouter les péages, le stationnement, les frais de repas, le télétravail et tout autre frais professionnel justifiable. Pour un véhicule électrique, majorer le résultat du barème de 20 %.
Comparer les deux montants. Si les frais réels dépassent le forfait de 10 %, opter pour la déduction au réel. Dans le cas contraire, conserver le forfait, qui ne demande aucun justificatif et réduit le risque de contrôle.
Un point de vigilance : les remboursements de frais professionnels versés par l’employeur (indemnités kilométriques, prime transport) doivent être réintégrés dans le revenu imposable lorsque le salarié opte pour les frais réels. Oublier cette réintégration fausse le calcul et peut entraîner un redressement.
Le simulateur disponible sur impots.gouv.fr intègre ces paramètres et permet de comparer les deux options en quelques clics. Pour un foyer avec deux revenus, tester les quatre combinaisons possibles (forfait/forfait, réel/réel, forfait/réel, réel/forfait) reste la méthode la plus fiable pour identifier le choix fiscalement optimal en 2026.

