L’amortissement non déductible d’un véhicule de tourisme correspond à la fraction de l’amortissement comptable que l’administration fiscale refuse en déduction du résultat imposable. Ce mécanisme repose sur des plafonds fixés selon le taux d’émission de CO2 du véhicule. Pour le budget 2026, ces plafonds restent identiques à ceux de 2025, ce qui offre une base stable pour anticiper la charge fiscale réelle liée à chaque véhicule inscrit à l’actif.
Plafonds fiscaux 2026 et émissions de CO2 : le barème à connaître
Le code général des impôts limite la base amortissable des véhicules de tourisme en fonction de leurs émissions de dioxyde de carbone. Plus le véhicule émet, plus le plafond de déductibilité est bas, et plus la part d’amortissement réintégrée au résultat fiscal augmente.
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Les plafonds applicables en 2026 se répartissent en plusieurs tranches liées aux grammes de CO2 par kilomètre. Un véhicule électrique ou hybride rechargeable à très faibles émissions bénéficie du plafond le plus élevé. Un véhicule thermique fortement émetteur se voit appliquer le plafond le plus bas.
La différence de plafond entre un véhicule électrique et un thermique polluant peut dépasser plusieurs dizaines de milliers d’euros. Cette différence se répercute directement sur le montant d’amortissement non déductible, donc sur l’impôt effectivement payé par l’entreprise.
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Calcul de l’amortissement non déductible : méthode concrète pour un véhicule de tourisme
Le calcul de l’amortissement non déductible repose sur un écart entre deux montants : l’amortissement comptable total du véhicule et l’amortissement fiscalement admis, limité au plafond applicable.
Déterminer la base amortissable
La base amortissable correspond au prix d’acquisition TTC du véhicule (la TVA sur les véhicules de tourisme n’étant pas récupérable). Ce prix inclut les options et équipements livrés avec le véhicule.
Appliquer le plafond fiscal
Si le prix TTC dépasse le plafond correspondant à la tranche d’émissions du véhicule, la fraction excédentaire constitue la base de l’amortissement non déductible. Chaque année, la dotation aux amortissements calculée sur cet excédent doit être réintégrée extra-comptablement dans le résultat fiscal de l’entreprise.
Prenons un véhicule thermique dont le prix d’acquisition TTC dépasse largement le plafond applicable à sa catégorie d’émissions. L’entreprise amortit comptablement la totalité du prix sur la durée de détention (généralement quatre à cinq ans en linéaire). La part d’amortissement correspondant au dépassement du plafond est ajoutée au résultat imposable chaque année, ce qui augmente l’impôt sur les sociétés ou l’impôt sur le revenu selon le régime.
Intégration au budget 2026 : postes souvent oubliés
Anticiper l’amortissement non déductible dans un budget ne se limite pas à calculer un écart entre prix d’achat et plafond fiscal. Plusieurs postes connexes alourdissent le coût réel du véhicule de tourisme et sont régulièrement sous-estimés.
- Taxe sur les véhicules de société : même un véhicule en location longue durée (LLD) reste soumis aux taxes annuelles sur les véhicules. L’article 58 de la loi de finances pour 2026 maintient une taxation spécifique qui s’ajoute au coût de détention, indépendamment du mode de financement choisi.
- Non-récupération de la TVA sur le prix d’achat : pour un véhicule de tourisme, la TVA fait partie intégrante du coût amorti. Ce surcoût, souvent oublié dans les simulations rapides, gonfle mécaniquement la base amortissable et donc la fraction non déductible.
- Coût d’opportunité fiscal : chaque euro d’amortissement non déductible correspond à un euro de résultat imposable supplémentaire. Pour une entreprise soumise à l’impôt sur les sociétés, ce surcoût fiscal annuel doit être provisionné dans le budget de trésorerie.
Un budget 2026 fiable intègre ces trois composantes dès le choix du véhicule, avant la signature du bon de commande.
LLD et amortissement non déductible : une neutralisation partielle
Beaucoup d’entreprises optent pour la location longue durée en pensant éliminer la problématique d’amortissement non déductible. Le raisonnement paraît logique : pas d’inscription à l’actif, donc pas d’amortissement à calculer.
En pratique, la LLD ne supprime pas la contrainte fiscale, elle la déplace. Les loyers versés dans le cadre d’un contrat LLD sont eux-mêmes soumis à un plafond de déductibilité calqué sur les mêmes seuils d’émissions de CO2. La fraction de loyer correspondant au dépassement du plafond est réintégrée au résultat fiscal, exactement comme l’amortissement non déductible d’un véhicule acheté.
L’avantage tarifaire apparent de la LLD peut même se réduire si le véhicule choisi se situe dans une tranche d’émissions élevée. Une entreprise qui pensait neutraliser le problème en louant plutôt qu’en achetant se retrouve avec une charge fiscale comparable, à laquelle s’ajoutent les marges du loueur.

Durée d’amortissement et arbitrage entre achat et financement
La durée d’amortissement retenue pour un véhicule de tourisme influence directement le montant annuel d’amortissement non déductible. Une durée courte (quatre ans) concentre la réintégration sur moins d’exercices, avec un impact plus marqué chaque année. Une durée plus longue (cinq à six ans) lisse la charge fiscale mais allonge la période pendant laquelle le véhicule pèse sur le résultat.
Aligner la durée d’amortissement sur la durée réelle de détention reste la pratique la plus cohérente. Certains experts-comptables commencent à affiner cette approche en appliquant un amortissement par composants aux flottes mixtes, ce qui permet de distinguer la dépréciation du châssis de celle de la batterie pour les hybrides rechargeables.
L’arbitrage entre achat, crédit-bail et LLD ne se réduit pas à comparer des mensualités. Le coût fiscal global sur la durée de détention, amortissement non déductible inclus, doit figurer dans chaque simulation. Un véhicule moins cher à l’achat mais fortement émetteur peut coûter davantage après impôt qu’un modèle électrique plus onéreux bénéficiant du plafond fiscal le plus favorable.
Pour le budget 2026, la stabilité des plafonds fiscaux simplifie au moins un paramètre : les seuils connus depuis 2025 restent applicables. Le choix du véhicule, sa motorisation et son mode de financement restent les trois variables sur lesquelles une entreprise peut agir concrètement pour réduire la part non déductible de l’amortissement.

